Histoire vraie

Publié le par patatietpatata

Supertramp. Alex n’est pourtant pas un vagabond : il sait ce qu’il veut et où il va, into the wild. Pour vivre simplement et, tout simplement, vivre. Anonyme, sans papiers et sous un nouveau nom, il parcourt l’immense Amérique, foulant la poussière brûlante du Sud qui se glace en remontant vers le Nord. L’Alaska de London, il en rêve, comme l’ultime étape de son voyage désorganisé. Ce qu’il cherche ? Rien. Ou si peu. Vivre, vivre en liberté et en vérité, fuyant parents et société, toutes ces lois autoritaires et ces obligations absurdes qu’il diabolise. Refusant que sa vie lui soit dictée, il l’écrit lui-même, à la troisième personne du singulier dans le carnet où il retranscrit les étapes d’une expédition qui, sous bien des aspects, est aussi une fugue ; Alex a seulement dix-huit ans quand il décide de quitter la civilisation pour rejoindre la nature et, ainsi, abandonner l’imaginaire pour la réalité.

 

 

« Je pense que tu devrais changer radicalement ton style de vie et te mettre à faire courageusement des choses que tu n’aurais jamais pensé faire, ou que tu as trop hésité à essayer. Il y a tant de gens qui ne sont pas heureux et qui, pourtant, ne prendront pas l’initiative de changer leur situation parce qu’ils sont conditionnés à vivre dans la sécurité, le conformisme et le conservatisme, toutes choses qui semblent apporter la paix de l’esprit, mais rien n’est plus nuisible à l’esprit aventureux d’un homme qu’un avenir assuré. Le noyau central de l’esprit vivant d’un homme, c’est sa passion pour l’aventure. La joie de vivre vient de nos expériences nouvelles et donc il n’y a pas de plus grande joie qu’un horizon éternellement changeant, qu’un soleil chaque jour nouveau et différent. Si tu veux obtenir plus de la vie, Ron, il faut perdre ton inclination à la sécurité monotone et adopter un mode de vie désordonné qui dans un premier temps te paraîtra insensé. Mais une fois que tu seras habitué à une telle vie, tu verras sa véritable signification et son incroyable beauté. […] J’ai bien peur qu’à l’avenir tu suives cette même tendance et qu’ainsi tu ne découvres pas toutes les choses merveilleuses que Dieu a disposées à notre intention autour de nous. »

 

Extrait d’une lettre d’Alex,

adressée à l’une des personnes qu’il croisa au cours de son aventure solitaire.

 

 

Suivant cet idéal qui est le sien, Chris McCandless est mort jeune. Mais quelle vie ! Fou ou audacieux, il a tracé son propre chemin, empruntant des routes interdites ou inexistantes pour atteindre son Alaska. Il s’est nourri de la beauté d’un paysage pur et sauvage, mourant de faim l’esprit rassasié.

 

Ce genre de livre vous libère des choses, ces « things » qu’Alex crache à la figure de son père dans le film de Sean Penn. Ce jeune homme en cavale est admirable, ou plutôt, je l’admire.

 

 

Anne-Charlotte B.

 

Publié dans Boulimie de culture

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